LOI FANNIA
  
CONCERNANT LA DÉPENSE DES REPAS
   
( 161 av. J.-C. )


     
Macrobius, Sat., III, 17 ( http://remacle.org ).
  

 
4. Sammonicus Sérénus s'exprime ainsi au sujet de cette loi : « La loi Fannia, très saints augustes, fut proposée au peuple, de l'avis unanime de tous les ordres ; elle ne fut point présentée, comme la plupart des autres, par les préteurs ou les tribuns, mais par les consuls eux-mêmes, de l'avis et par le conseil de tous les bons citoyens, attendu que le luxe des festins nuisait à la république plus qu'on ne pourrait se l'imaginer ; car la chose était venue à un tel point, que plusieurs jeunes gens ingénus trafiquaient de leur liberté et de leur vertu pour satisfaire leur gourmandise, et que plusieurs citoyens romains arrivaient au comice gorgés de vin, et décidaient, ivres, du sort de la république. » 5. Telles sont les paroles de Sammonicus. La loi Fannia surpassait la sévérité de la loi Orchia, en ce que cette dernière ne faisait que circonscrire le nombre des convives, ce qui n'empêchait pas de manger son bien avec un petit nombre de personnes ; tandis que la loi Fannia borna la dépense des repas à cent as : ce qui lui fit donner par le poète Lucilius, avec sa causticité ordinaire, le nom de centussis.
 

     
Gellius, II, 24 ( Marache, Paris, 2002 ).
  

 
3. Mais, après ce senatus consulte, fut votée la loi Fannia qui accorda une dépense de cent as par jour pour les jeux Romains, les jeux Plébeiens, les Saturnales et certains autres jours, trente as pour dix autres jours dans le mois et dix as pour le reste. 4. C'est à cette loi que le poète Lucilius fait allusion quand il dit : « Le malheureux aux cent as de Fannius ». 5. Cela induisit en erreur les commentateurs de Lucilius : ils ont cru que la loi Fannia fixait uniformément cent as pour les jours de toute catégorie. 6. Fannius fixa cent as, comme je l'ai dit, pour certains jours de fête, et il en a donné la liste ; dans tous les autres cas, il a limité la dépense tantôt à trente as, tantôt à dix.