GAIUS : CLASSIFICATION DES PERSONNES
 
 
( 160 apr. J.-C. )
 

 
J. Gaudemet, Droit privé romain, 2e éd., Paris, 2000, pp. 323-324, n. 17 ).
 

 
8. Tout le droit dont nous faisons usage concerne les personnes, les choses, ou les actions. Voyons d'abord ce qui a trait aux personnes. 9. La principale division du droit des personnes est la suivante : tous les hommes sont libres ou esclaves. 10. De plus, parmi les hommes libres, les uns sont ingénus, les autres affranchis. 11. Sont ingénus, ceux qui sont nés libres ; affranchis ceux qui ont été libérés d'une servitude conforme au droit. ...
48. Suit une autre division du droit des personnes. En effet certaines personnes sont maîtresses de leur droit, d'autres sont soumises au droit d'autrui. 49. De plus, parmi ces personnes qui sont soumises au droit d'autrui, les unes sont sous la puissance, d'autres sous la manus, d'autres sous le mancipium. ...
52. Sont sous la puissance les esclaves dépendant de maîtres. Cette puissance est du droit des gens : en effet nous pouvons constater que chez tous les peuples les maîtres ont sur leurs esclaves le droit de vie et de mort et que ce qui est acquis de quelque façon que ce soit par un esclave est acquis au maître. ...
55. Sont également sous notre puissance, nos enfants procréés en justes noces. Ce droit est propre aux citoyens romains ; car il n'y a presque pas d'autres hommes qui aient sur leurs enfants un pouvoir comparable au nôtre. C'est ce que signale l'édit du divin Hadrien relatif à ceux qui lui demandaient la citoyenneté romaine pour eux et pour leurs enfants. Je n'oublie pas cependant que les Galates estiment que leurs enfants sont sous la puissance de leurs parents. ...
108. [Voyons maintenant les personnes qui sont in manu]. C'est là un droit propre aux citoyens romains. 109. Sous la puissance peuvent se trouver des hommes et des femmes ; mais seules les femmes viennent sous la manus. ...
116. Il nous reste à parler des personnes in mancipio. 117. Toute personne libre, de sexe masculin ou féminin, qui est sous la puissance d'un ascendant peut être mancipée par ce dernier de la même façon que le seraient des esclaves. 118. Il en est de même pour les personnes qui sont in manu...
142. Passons maintenant à une autre division. En effet parmi les personnes qui ne sont soumises ni à la puissance, ni à la manus, ni au mancipium, les unes sont en tutelle ou en curatelle, les autres ne sont tenues par aucun de ces droits.


 
►  Source : Gaius, Institutes, I.