PROCULUS : L'ALLUVION
 
 
( Ier s. apr. J.-C. )
 

 
J. Gaudemet, Droit privé romain, 2e éd., Paris, 2000, pp. 360-361, n. 87 ).
 

 
Une île s'est formée dans une rivière en face de mon terrain ; au début elle n'excédait pas la longueur de mon terrain ; par la suite elle s'est étendue peu à peu le long des fonds supérieurs et inférieurs. Je demande si cet accroissement m'appartient comme étant ajouté à une chose qui m'appartenait déjà, ou s'il est la propriété de celui à qui il aurait appartenu si l'île s'était formée immédiatement dans toute sa longueur actuelle ? Proculus répondit : Si la rivière dans laquelle tu me dis qu'une île s'est formée en face de ton terrain et sans en excéder la longueur est soumise au régime de l'alluvion et si l'île s'est primitivement formée plus près de ton terrain que de celui du propriétaire de la rive opposée, l'île t'appartient tout entière et ce qui a depuis été ajouté à l'île par alluvion t'appartient aussi, quand bien même cette augmentation de l'île se trouve le long de la face de tes voisins supérieurs ou inférieurs, ou même si elle est plus proche du terrain de celui qui est propriétaire de l'autre côté de la rivière.
 


 
►  Source : Proculus, Lettres, L. 8  =  Digeste, XLI, 1, 56, pr.